Cela va finir par être une habitude : le numéro 1 ne sera toujours pas présent sur le Tour de France en 2008. Après 2007, où le vainqueur précédent Floyd Landis, convaincu de dopage, Alberto Contador ne sera pas là pour défendre son titre.
Il avait fait le choix risqué de rejoindre la sulfureuse équipe Astana, dont les coureurs Alexandre Vinokourov, Andrei Kashechkin et Matthias Kessler ont été convaincus de dopage la saison passée. Johann Bruynel, son directeur d'équipe chez la défunte Discovery Channel, n'aura donc pas réussi son pari puisqu'il avait déjà essuyé le refus de la part du Tour d'Italie de voir aligner la formation kazhake.
Cette interdiction écarte également d'autres favoris potentiels pour la victoire finale en la personne de l'Américain Levi Leipheimer (troisième en 2007) mais également Andreas Klöden (deuxième en 2004 et 2006).
Douze ans que l'Espagne attendait cela. Depuis le règne de Miguel Indurain sur le Tour de France, aucun Ibère n'avait ramené le maillot jaune à Paris. Alberto Contador est donc devenu dimanche le digne héritier de son aîné à l'issue de la 94e édition. Le Madrilène, entouré d'Evans et de Leipheimer sur le podium, entre ainsi à 24 ans dans la légende d'une Grande Boucle plus contestée que jamais. Sur les Champs-Elysées, Daniele Bennati a lui fait valoir sa pointe de vitesse pour remporter sa deuxième étape.
Sauf accident, Alberto Contador sera dimanche le lauréat du Tour de France 2007. S'il a perdu beaucoup de temps sur son dauphin Cadel Evans ce samedi lors du contre-la-montre Cognac-Angoulême, 1'27'' exactement, l'Espagnol, cinquième du chrono, a conservé l'essentiel, son maillot jaune, pour 23 petites secondes.
Après avoir collectionné les places de deuxième sur le Tour de France, Sandy Casar a enfin touché son graal, vendredi, en remportant la 18e étape à Angoulême. Echappé de la première heure malgré une chute provoquée par un chien qui aurait pu causer sa perte, le Francilien, parti avec son compatriote Laurent Lefèvre, Michael Boogerd et Axel Merckx, a réglé au sprint et au courage ses trois compagnons. Tom Boonen, maillot vert, a quant à lui, reglé le sprint du peloton devant ses deux rivaux directs, à savoir Rob Hunter et Eric Zabel.
Une échappée de huit hommes avait pris la poudre d'escampette dès les premiers kilomètres pour se disputer le trophée du jour. Sans Français, ni Espagnols disparus avec l'éloignement des Pyrénées, ce groupe de fuyards européens (quatre Italiens, l'Ecossais Millar, les Allemands Voigt et Fothen, le Suisse Elmiger) a compté suffisamment d'hommes forts pour prendre ses distances dans les cinq côtes des 70 premiers kilomètres et tenir la distance dans les 100 kilomètres de plaine. La dernière pente a éliminé quatre coureurs aux jambes lourdes avant que Daniele Bennati ne fasse preuve de son sens tactique dans les derniers kilomètres. Visiblement le plus frais, l'Italien de la Lampre réagissait au premier démarrage de Voigt (3e), éternel combatif, puis à celui d'Elmiger (4e). La dernière accélération de Fothen (2e) à 400 m de la ligne lui permettait de lancer idéalement son sprint et de s'imposer sans coup férir.
C'est une journée à rebondissement que nous avons vécu aujourd'hui sur les routes du Tour. Cela a commencé par le ras-le-bol exprimé par les six équipes françaises et les deux formations allemandes T-Mobile et Gerolsteiner. Ainsi les coureurs de ces formations soucieuses de montrer leur désappointement après la révélation la veille du contrôle positif du Kazakh d'Alexandre Vinokourov. L'équipe Astana a alors été prié de quitter le Tour par la petite porte. Néanmoins, cette opération ne fut que faiblement suivie puisque d'autres, à commencer par le Danois Michael Rasmussen ou le maillot blanc Alberto Contador, ne prétèrent pas ne serait-ce qu'un regard aux rebelles...
Au bout d'une étape marquée par les vélléités de Carlos Sastre de tenter de déstabiliser le leader de l'épreuve en attaquant très tôt, le Danois de Rabobank remportait sa deuxième étape cette année après avoir tranquillement contenu les attaques des coureurs de la Discovery Channel Levi Lepheimer et Alberto Contador avant de les attaquer à son tour sous la flamme rouge. Ceux-ci perdaient encore respectivement 29' et 35'. On se disait alors que le dernier suspense pour cette fin de Tour résidait dans la bataille que Cadel Evans et Levi Lepheimer allaient se livrer pour la troisième place, les deux premières places paraissant inaccessibles.
Comme si cela ne suffisait pas, l'UCI a également révélé l'identité du coureur testé positif à la testostérone. C'est Cristian Moreni, coureur de l'équipe française Cofidis. Celle-ci a donc également due se retirer de l'épreuve, qui verra également peut-être l'abandon de l'équipe Rabobank. La révolution souhaitaient par les dirigeants du Tour semble donc prendre forme. Mais jusqu'où ira la grande lessive ?
Au lendemain de sa terrible défaillance dans l'étape menant au Plateau de Beille qui l'a placé à 34' du maillot jaune, Alexandre Vinokourov a signé un bel exploit ce lundi en mettant la main sur la deuxième étape pyrénéenne de ce 94e Tour de France. Parti très tôt au sein d'un groupe de 25 coureurs, le Kazakhe a su faire la différence dans le dernier col, celui de Peyresourde, pour distancer à Loudenvielle Kim Kirchen et Haimar Zubeldia. ll remporte ainsi son cinquième succès sur la Grande Boucle.
Ces deux là font la paire... et se posent désormais en grands favoris du Tour de France. Michael Rasmussen et Alberto Contador ont fait des dégâts dans la montée vers le Plateau de Beille, terme de la 14e étape. L'Espagnol, vainqueur de sa première étape sur le Tour, et le Danois, toujours en jaune, ont creusé l'écart au classement général avec Cadel Evans, Levi Leipheimer et Andreas Klöden, qui n'ont pu que limiter la casse dans la dernière ascension du jour. Les deux grimpeurs se sont tout de même expliqués pour la victoire d'étape alors que le fair play aurait voulu que le maillot jaune, déjà vainqueur à Tignes, offre à son cadet sa première étape sur le Tour, il n'en fut rien. Le vainqueur de Paris-Nice a donc été contraint de sprinter pour l'emporter.
Par contre, il en est fini des espoirs du Kazakh Alexandre Vinokourov. Revigoré par son superbe contre-la-montre à Albi la veille, le leader d'Astana a vécu un véritable enfer dans le col de Pailhères. Il finit à 28'54 et pointe désormais à plus de 34' au général.
Le grimpeur de l'équipe novice dans le Tour Barloworld Mauricio Soler, passé à l'offensive sur les rampes du Galibier, a coupé la ligne avec 37 secondes d'avance sur Valverde, lequel a réglé un petit groupe abritant notamment le maillot jaune Rasmussen et les principaux favoris de l'épreuve.